Fin des galettes chez PlayStation : Sony enfle tous les joueurs
Nostick Reloaded ? C’est votre phare dans l'océan de l'actu JV : une infolettre livrée chaque dimanche vous résumant ce qui s'est passé ces derniers jours dans le petit monde du jeu vidéo. Et entre la mort du jeu physique ou la sortie de Rhythm Heaven Groove, on n'a vraiment pas eu le temps de s'ennuyer.
On vide le backlog de la semaine
par Mickaël
Sony enterre les jeux physiques
Le rêve humide des constructeurs de consoles est en train de se réaliser : tuer le marché de l'occase, les boutiques traditionnelles, et verrouiller les joueurs dans leurs écosystèmes. Sony a surfé sur l'annonce de la version « physique » de GTA VI (un code dans une boîte) pour planter le dernier clou dans le cercueil des galettes.
À partir de janvier 2028, le constructeur arrête la production de disques pour la PlayStation. Sony continuera de livrer des boîtes pour les rares revendeurs, mais ce sera certainement sous la forme d'un bête code dans du plastique. Un code impossible à revendre en seconde main, ou à prêter à un ami.

L'époque où Sony pouvait se moquer de la Xbox One qui empêchait le partage de jeux physiques est bien révolue. La position de numéro 1 du secteur l'autorise à toutes les manœuvres les plus hostiles aux cochons de payeurs consommateurs. Mais ce n'est pas un problème, vu que le constructeur ne fait que « s'adapter à la préférence générale pour les médias numériques qui dépassent largement les disques physiques », comme il l'explique benoîtement.
De fait, 78 % des ventes de jeux sur PS4 et PS5 ont été réalisées sur le store en ligne durant le dernier exercice fiscal. Une bascule entretenue depuis des années par les constructeurs, qui ont viré le lecteur de disques de leurs consoles depuis le lancement de la dernière génération. Il reste cependant des options avec lecteur, ce qui ne sera certainement plus le cas avec la prochaine fournée.
« Nous continuerons à concentrer nos ressources sur l’innovation en matière d’accès aux jeux, tout en offrant aux joueurs le choix de l’endroit où ils préfèrent acheter de nouveaux titres, que ce soit chez des revendeurs ou sur le PlayStation Store », promet Sony, les doigts croisés dans le dos. La boutique en ligne de Sony est très loin d'égaler le cador du secteur, Steam, avec ses soldes, ses fonctions de découverte et sa flexibilité. Quoi qu'il en soit, PlayStation va enfin avoir la haute main sur nos bibliothèques de jeux : la plateforme aura toute latitude pour déterminer si, quand et comment on peut jouer à tel ou tel titre.
Il y a tout lieu de craindre le pire : à compter du 1er septembre, Sony supprimera des films directement dans les bibliothèques de clients qui avaient pourtant acheté ces contenus. Le groupe n'a pas su renouveler l'accord de licence avec le Studio Canal, alors plutôt que de faire un geste commercial ou de rembourser simplement les consommateurs, il a préféré les enfler bien comme il faut. Ce sera exactement pareil pour les jeux.
Et signer des pétitions pour forcer Sony à revoir sa position n'y changera rien. L'usine DADC basée en Autriche est le plus important site de production de CD et de Blu-ray du groupe japonais (un des rares à encore presser des galettes), avec plus de 600 000 disques chaque jour… dont la moitié pour le compte de PlayStation.
Une restructuration a été amorcée, sans suppression de postes : Sony a en effet investi 30 millions d'euros pour installer de nouveaux équipements et former les équipes à la fabrication de systèmes optiques. On voit mal dans ces conditions comment l'entreprise pourrait revenir sur son annonce de tuer les jeux physiques.
En même temps que la fin des supports physiques, Sony annonçait la fermeture des boutiques en ligne pour la PS3 et la Vita. Une fermeture étalée entre 2026 et 2027 (juillet 2027 pour l'Europe). Il indique aussi, « pour faciliter cette transition », que les joueurs pourront toujours télécharger les contenus achetés après la date fatidique et pour une durée indéterminée, ce qui est vraiment trop généreux.
« Nous savons que cette nouvelle pourra décevoir les joueurs PS3 et PS Vita qui gardent une affection particulière pour cette génération de jeux », s'excuse Sony. « La PS3 et la PS Vita représentent une période importante de l’histoire de PlayStation ; cette décision n’a donc pas été facile à prendre pour nous. » Prière de croire le constructeur sur parole. Il avait tenté de fermer ces boutiques en 2021, mais avait reculé devant la bronca des joueurs.
D'un côté, Sony arrête les galettes, de l'autre elle ferme ses Store en ligne. Ça va être décidément bien compliqué de jouer à la PlayStation.
Quand PlayStation vire les CD, Xbox les dématérialise
Alors que Sony s'est pris les pieds dans le tapis, Xbox a l'occasion ici de gagner un peu de crédit auprès des joueurs en faisant miroiter un avenir radieux à leurs collections de CD. Ce crédit sera totalement épuisé dans les prochains jours au vu du bain de sang qui se prépare au sein des studios, mais c'est une autre histoire (on y revient en dessous).
La prochaine génération de consoles n'embarquera sans doute pas de lecteur de disques ; aussi bien la PS6 (ça semble assez clair maintenant) que le projet Helix de future Xbox. Rien ne dit non plus que les constructeurs lanceront de tels périphériques externes (ça n'est déjà pas le cas chez Microsoft). Xbox plancherait tout de même sur une solution astucieuse, un programme « disc-to-digital » baptisée « Positron » par la rumeur.