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Ça tangue chez Xbox, l'IA fout sa zone dans les studios

Les actus et sorties de la semaine du 14 juin
Ça tangue chez Xbox, l'IA fout sa zone dans les studios

Nostick Reloaded ? C’est votre phare dans l'océan de l'actu JV : une infolettre livrée chaque dimanche vous résumant ce qui s'est passé ces derniers jours dans le petit monde du jeu vidéo. Entre les annonces le drama Xbox (oui, encore), le Direct pas top de Nintendo et une tripotée d'annonces, on n'a vraiment pas eu le temps de s'ennuyer.

On vide le backlog de la semaine

par Mickaël

Xbox, le drama permanent

Après un showcase somme toute très convaincant pour les 25 ans de la Xbox la semaine dernière, la division de Microsoft a passé les derniers jours à préparer les esprits au pire. Dans un mémo rendu public, la boss Asha Sharma et son bras droit, le patron des contenus Matt Booty, ont annoncé un « reset » de la marque qui interviendra dans les 100 prochains jours.

Malgré un satisfecit sur le nombre de joueurs de la plateforme Xbox au global (plus d'un milliard) et le total d'heures annuel (72 milliards !), les nouvelles ne sont pas spécialement bonnes. Xbox va terminer l'exercice fiscal, calé pour le 30 juin, avec une marge opérationnelle d'environ 3 %, en baisse par rapport à l'année précédente. Autrement dit, pour 100 $ de revenus, Xbox n'en empoche que 3 $. À comparer avec d'autres grands éditeurs, à commencer par… Microsoft, dont la marge était d'environ 45 % (!) durant l'année fiscale 2025.

Sans compter Activision Blizzard King, Xbox a consacré 20 milliards de dollars durant les cinq dernières années pour financer le développement de jeux et de la plateforme, ainsi que pour les subventions pour les consoles. C'est beaucoup d'argent, surtout avec une marge aussi faible, mais il s'agit aussi d'investissements censés rapporter quelque chose. Ça n'a pas l'air d'être le cas : « sur la même période, notre chiffre d’affaires annuel a reculé de près d’un demi-milliard de dollars ». Oups. La situation ne « pourra pas perdurer », assène le mémo.

Les conséquences sont assez claires, malheureusement : il faut craindre une nouvelle charrette de licenciements dans la division Xbox, des coupes claires dans les budgets (notamment au marketing) et on parle même de la fermeture possible d'un studio. Cette nouvelle lampée de soupe à la grimace pourrait être administrée peu de temps après la clôture de l'exercice fiscal.

Xbox a toujours ce même problème : jouer du carnet de chèque pour s'offrir toujours plus de studios, c'est très bien, mais derrière la machinerie est sous-dimensionnée pour gérer autant de projets et de personnel. Et à cela s'ajoute les difficultés liées à la RAMpocalypse, qui ne cesse d'enchérir les prix du matos. En février, quand Asha Sharma a pris la place de Phil Spencer, le prix pour les SSD était « plus de deux fois supérieur à celui de l'automne dernier » ; ces prix devraient être cinq fois plus élevé qu'il y a deux ans pour la période des fêtes de fin d'année 2027. Et les coûts de la mémoire ont suivi une trajectoire similaire.

Peut-être qu'il faudrait demander à Microsoft, qui participe à l'explosion des prix de ces composants pour son IA, de faire quelque chose… « Nous avons besoin d'un nouveau modèle économique et de nouveaux partenariats pour notre activité matérielle, tout en restant pleinement engagés dans le projet Helix », poursuit le mémo. Tout laisse à penser que la future Xbox pourra être fabriquée par des partenaires, comme c'est le cas de la Xbox ROG Ally d'Asus.

La situation est telle que Microsoft envisagerait une scission complète, croit savoir The Information : en tant qu'entreprise indépendante, Xbox serait alors laissée à elle-même, ce qui reviendrait à signer l'acte de décès de la marque. Sans l'aide financière de Microsoft, Xbox serait condamnée à très court terme. D'autres options, moins radicales, sont aussi sur la table, comme la transformation de Xbox en filiale détenue à 100 % par Microsoft, comme c'est le cas de LinkedIn ou GitHub.

Sous cette forme, Xbox bénéficierait de sa propre gouvernance, d'une plus grande autonomie pour ses comptes et d'une plus grande liberté stratégique. Il pourrait aussi être question de créer une coentreprise, autrement dit d'adosser Xbox à un partenaire supplémentaire (en plus de Microsoft), comme un constructeur (Asus ?) ou un acteur du cloud ou un géant du jeu vidéo. Pour le moment, l'heure est au maintien de la forme actuelle, c'est à dire une activité complètement intégrée (il n'existe pas d'entité juridique autonome de type « Xbox Inc. »).

Les mêmes sources évoquent la volonté d'Asha Sharma d'accélérer dans le développement des très grosses franchises, comme Halo, Fallout et Elder Scrolls. Mettre le paquet pour sortir rapidement de nouveaux opus (Skyrim remonte à 2011 !), ce n'est pas une mauvaise idée, mais cela veut aussi dire que le robinet aux dollars va se tarir pour des projets plus petits ou plus fragiles…

Et quid des exclusivités ? À la surprise générale, Xbox a annoncé durant le showcase le grand retour des exclusivités : Gears of War: E-Day et Clockwork Revolution attaquent le bal, et la CEO a confirmé que d'autres titres seront réservés aux seules consoles (et au PC). Ce sera peut-être bon pour redorer l'image de marque de Xbox, mais s'il faut gagner de l'argent à tout prix, éviter la PS5 et la Switch 2 n'est probablement pas une très bonne stratégie.

On verra si ces deux jeux, Gears en particulier dont le budget avoisinerait les 400 millions (!), resteront exclusifs à la Xbox : une version PS5 serait quasiment terminée

Nintendo rate un Direct inratable

Évidemment, il y a eu le teaser pour le remake de Ocarina of Time, un des plus grands jeux de tous les temps. Bien sûr, on a eu droit à la première bande annonce pour Kingdom Hearts IV, 7 ans après le précédent épisode. Évidemment, Xenoblade Genesis, le prochain épisode de la saga, a fait grimper la tension des fans de JRPG. Et puis Fire Emblem: Fortune's Weave s'impose d'ores et déjà comme un des (nombreux) rendez-vous incontournables du mois de septembre.

Mais alors, comment expliquer l'impression de molesse du Nintendo Direct qui devait achever en beauté un Summer Game Fest exceptionnel ? Problème de rythme sans doute, le constructeur n'ayant rien trouvé de mieux que de lancer sa présentation avec Rhythm Heaven Groove, un jeu musical sympathique mais pour Switch 1 (et 2, certes). Pas de quoi provoquer un tremblement de terre.

La Switch 2 va avoir droit à un tombereau de portages, de Dragon's Dogma 2 à Onimusha: Way of the Sword, en passant par Stellar Blade, Lies of P, Deltarune, Metaphor: ReFantazio, Warhammer 40,000: Space Marine 2, Rise of the Tomb Raider ou l'increvable Devil May Cry 5. Pour les joueurs qui ne possèdent qu'une Switch 2, c'est le paradis, et la preuve que la petite console hybride en a sous la pédale pour accueillir des jeux AAA de premier plan. Pour les autres, ça sent quand même le réchauffé.

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