Arkane, Don't Nod, Bioware : une belle semaine toute pourrie
Entre la fermeture de BioWare et les nuages menaçants qui s'accumulent au-dessus d'Arkane et de Don't Nod, la semaine n'a pas été tendre pour les fans de jeux vidéo. Pour ne pas complètement tomber dans la déprime, il y a tout de même quelques bonnes nouvelles à lire dans ce nouveau numéro de Nostick Reloaded !
On vide le backlog de la semaine
par Mickaël
EA enterre BioWare et Mass Effect 5
Désormais entre les mains d'un attelage baroque mêlant l'Arabie saoudite à Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, EA doit dégraisser au plus vite. L'opération à 55 milliards de dollars laisse en effet à l'éditeur une énorme dette de 18 milliards à éponger, alors il faut faire des économies.
Cela commence par couper les branches mortes. BioWare est la première victime du massacre annoncé : le studio canadien est en effet obligé de fermer ses portes alors qu'il planchait sur Mass Effect 5 – annulé dans la foulée. L'annonce a provoqué une véritable onde de choc dans l'industrie et désespéré de nombreux joueurs, car BioWare n'est pas exactement n'importe qui.
Le studio est en effet à l'origine de Mass Effet bien sûr, mais aussi de Dragon Age, Baldur's Gate, Neverwinter Nights, Star Wars: Knights of the Old Republic… Une légende du RPG occidental donc, qui a plus que contribué à façonner les imaginaires de millions d'entre nous. La fermeture est d'autant plus regrettable que le prochain Mass Effect s'annonçait bien.
Mass Effect: Universe Trailer
by u/Random_Hyabusa_Ninja in masseffect
Un trailer a priori légitime a fuité dès le lendemain de l'annonce funeste. IGN rapporte que la vidéo de ce « Mass Effect Universe » a été produite à l'attention de la direction d'EA l'an dernier. Elle a été réalisée avec le moteur du jeu par la « petite équipe » de BioWare – les effectifs avaient été réduits à une cinquantaine de personnes.
BioWare est l'exemple typique du studio étouffé par son propriétaire. EA l'a ainsi forcé à développer des jeux complètement étrangers à son style habituel, à l'image de l'action-RPG multi Anthem, un échec. Dragon Age: The Veilguard devait être à l'origine un jeu service avant de muter dans la douleur en aventure solo. Un échec là aussi, malgré les qualités du jeu.
La disparition de BioWare est un choc, néanmoins il faut reconnaitre aussi que le studio n'était plus que l'ombre de ce qu'il a été. Bon nombre de ses talents sont partis ailleurs, par exemple chez Archetype qui développe Exodus… un jeu très inspiré de Mass Effect.
EA ne s'est pas arrêté à BioWare : ce sont 400 postes en tout qui sont supprimés, soit 3 % des effectifs mondiaux. L'entreprise entend continuer à investir dans ses jeux de foot et de sport qui rapportent, ainsi que dans Battlefield, Apex Legends, la franchise Star Wars Jedi et dans Marvel's Iron Man. Les studios Respawn et DICE vont de leur côté travailler sur le prochain Star Wars: Battlefront.
Arkane, stop ou encore ?
Que restera-t-il d'Arkane après le 13 novembre, au terme de la consultation de son comité social et économique ? Microsoft avait lancé cette procédure auprès du CSE du studio lyonnais cet été, après l'annonce du « reset » de Xbox par Asha Sharma. La division de Microsoft avait alors mis à la porte 1 600 employés, avec 1 600 autres en partance durant l'exercice fiscal, et s'est débarrassé de plusieurs studios.
Si Double Fine, Compulsion Games et Undead Labs ont soit retrouvé leur indépendance, soit une nouvelle maison, il restait à régler les cas de Ninja Theory – finalement liquidé il y a quelques semaines – et d'Arkane. Microsoft n'a pas eu d'autre choix que de se plier aux lois françaises, qui disposent qu'une entreprise de plus de 1 000 salariés doit rechercher un repreneur avant de fermer un site.