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Retour en grande pompe pour Resident Evil, il faut sauver le soldat Xbox

Les actus et sorties de la semaine du 1er mars
Retour en grande pompe pour Resident Evil, il faut sauver le soldat Xbox

Nostick Reloaded ? C’est votre phare dans l'océan de l'actu JV : une infolettre livrée chaque dimanche vous résumant ce qui s'est passé ces derniers jours dans le petit monde du jeu vidéo. Et entre les déboires de l'éditeur français Nacon, la sortie d'un nouveau Resident Evil ou la présentation des prochains gros jeux Pokémon, on ne s'est pas vraiment tourné les pouces.

On vide le backlog de la semaine

par Mickaël

Xbox, stop ou encore ?

Asha Sharma est comme « un médecin en soins palliatifs qui accompagne doucement Xbox vers la nuit », a asséné sans fard Seamus Blackley, co-créateur de la console originelle de 2001. Autant dire que la nouvelle boss de Xbox est rhabillée pour l'hiver. Celui qui a quitté Microsoft en 2002, a eu la dent très dure contre la remplaçante de Phil Spencer dans une interview avec GamesBeat.

Il n'attaque évidemment pas la personne elle-même, mais sa nomination. Pour Seamus Blackley, c'est Satya Nadella et son obsession pour l'IA qui sont à blâmer. Le patron de Microsoft « a un marteau entre les mains, et tout ressemble à un clou. Il y a un clou avec un logo Xbox dessus, alors il lui applique la personne dédiée à l’IA. » Asha Sharma était auparavant la patronne de la division CoreAI de l'éditeur.

« [Satya Nadella] doit montrer [aux actionnaires] qu’il croit que l’IA générative va réparer le jeu vidéo et le rendre rentable », ajoute-t-il. Charge à la CEO de Microsoft Gaming de mettre ce projet en musique pour « révolutionner le jeu ». Pour Blackley, ce changement de garde annonce la mort de la marque Xbox telle qu'on la connait.

En attendant la fin des temps, Asha Sharma montre patte blanche et donne des gages. Dans une interview à Windows Central, elle revient sur l'IA générative et promet qu'elle n'inondera pas l'écosystème Xbox avec des « contenus IA médiocres [AI slop] ». Aucune production ne sera négligée, assure-t-elle en reprenant les mots de son mémo publié après sa nomination.

Asha Sharma et Matt Booty, les nouveaux patrons de Xbox. © Microsoft

Les actes parleront plus fort que les beaux discours. L'AI slop a déjà montré sa vilaine tête dans Call of Duty : le prochain épisode remettra-t-il à l'honneur de vrais artistes de chair et de sang ? « Je pense que, comme toute nouvelle technologie, [l'IA] ouvre des possibilités en tant qu’outil, mais plus important encore — surtout aujourd’hui — nous devons tracer des lignes sur ce que nous ne ferons pas », poursuit-elle.

Matt Booty, fraichement nommé « directeur des contenus » Xbox, enchérit dans le même entretien : « Nous ne subissons aucune pression de la part de Microsoft, il n’y a pas de directives sur l’IA. Nos équipes sont libres d’utiliser les technologies qui peuvent être utiles, que ce soit pour aider à écrire du code ou à traquer des bugs ». Il affirme aussi rester « attaché à un art créé par des humains. La technologie n’est là qu’en soutien. »

J'ai combien de doigts ? Une illustration IA dans Call of Duty: Black Ops 6.

Des paroles qui séduiront aussi de nombreux joueurs, qui ne manquent jamais une occasion de se plaindre de la présence de contenus de chie générés par IA dans leurs jeux. Bon nombre d'entre eux, et surtout les vieux de la vieille qui saignent leurs Xbox depuis 25 ans, se désespèrent aussi du déclin marqué de la console, pas aidé par Microsoft qui a décidé de mettre fin aux exclusivités.

Asha Sharma tient un discours pour le moins rafraîchissant sur ce point. Déjà dans sa lettre d'introduction, elle a annoncé « le retour de Xbox » avant d'en remettre une couche en expliquant que « l'esprit de ce retour, c'était de revenir à l’état d’esprit qui a présidé à la création de l’équipe ». Elle ajoute : « C’est cet esprit de surprise, cette envie de bâtir quelque chose que personne d’autre n’osait tenter — j’ai entendu les mots “franc-tireur”, “rébellion” et “fun”. C’est à cela que je pensais en écrivant ces ligne. »

Se pourrait-il que la nouvelle CEO de Microsoft Gaming veuille réellement relancer la guéguerre des consoles ? Cela parait périlleux au vu de la voie empruntée par Xbox ces dernières années. Malgré tout, elle assène : « Je veux m’assurer que tout le monde sache que je suis engagée envers Xbox, en commençant par la console. » Diantre ! Mais cela ne veut pas dire jeter le bébé avec l'eau du bain : « Nous allons continuer à rejoindre les joueurs là où ils se trouvent — le monde évolue et change en permanence. »

A priori donc, les futurs jeux Xbox seront jouables sur autre chose que les consoles Xbox et les PC… mais peut-être qu'un ajustement dans les fenêtres d'exclusivité est à prévoir, histoire de favoriser l'écosystème maison ?

Sur cette question, Asha Sharma a eu une réflexion pour le moins intrigante, qui tranche singulièrement avec la politique suivie jusqu'à présent par Xbox. Interrogée sur l'hypothèse du retour de « vraies » exclusivités pour ses consoles, elle a répondu : « Le plan reste le plan… jusqu’à ce qu’il ne le soit plus. » Pour l'instant donc, on suit la feuille de route, mais rien ne s'oppose à un changement de stratégie.

La CEO demande en fait du temps pour se faire une meilleure idée de la situation : « Je regarde la valeur sur l’ensemble du cycle de vie, pas seulement ce qui s’est produit à un moment donné, ni les gains d’efficacité à court terme et ce genre de choses ». En d'autres termes, si le principe des exclusivités bénéficie à la plateforme sur le long terme, alors… pourquoi pas remettre un peu d'exclusivité dans le cocktail ? Le court-termisme qui sert de boussole à la direction financière de Microsoft en prendra un coup sur le groin.

Ces déclarations sont plutôt rassurantes sur la volonté d'Asha Sharma de ne pas tirer la chasse sur la Xbox, mais on attendra les prochaines décisions avant de lui attribuer un badge de sauveuse. Car la direction de Microsoft rôde toujours dans l'ombre, avec ses exigences de profit mirobolant. Elle voudra peut-être donner un peu de mou à la nouvelle patronne de la division gaming : une enquête de The Verge révèle en effet que le départ inattendu de Sarah Bond, qui était bien placée pour remplacer Phil Spencer, pourrait bien être le résultat d'une prise de conscience que le paquebot fonçait tout droit vers l'iceberg.

Sarah Bond, devenue présidente de Xbox en 2023, avait pris en charge le marketing du constructeur. C'est à elle et ses équipes que l'on doit la fameuse campagne « This is an Xbox » qui explique en substance que puisque tout est une Xbox, pas la peine d'acheter une console. Le message aurait provoqué la consternation de pas mal d'employés en interne, et la chute logique des ventes de Xbox.

« Sarah Bond avait tenté de privilégier le mobile et le cloud plutôt que la console, afin de toucher potentiellement des millions de clients Xbox supplémentaires », écrit Tom Warren de The Verge. « Mais le résultat ressemble à un cas d’école : courir après les clients de demain en négligeant ceux d’aujourd’hui. » Ça n'aurait pas échappé aux patrons de Microsoft : la stratégie de l'ancienne présidente de Xbox a désormais du plomb dans l'aile, d'où ce fameux « retour à Xbox » martelé par Asha Sharma. Aura-t-elle les moyens de cette ambition ?

On est passé à ça d'un remake de Bloodborne

On aurait pu avoir un remake de Bloodborne réalisé par nul autre que les sorciers de Bluepoint, mais Sony et FromSoftware en ont décidé autrement. L'indiscrétion de Jason Schreier ajoute un peu plus de sel sur la blessure de la fermeture du studio.

Après l'annulation début 2025 du jeu service God of War sur lequel Bluepoint planchait depuis des années, ce dernier a multiplié les propositions de projets aux instances dirigeantes de PlayStation. Dans le tas, il y aurait effectivement eu un remake de Bloodborne. Développé par FromSoftware et sorti sur PS4 en 2015, le jeu est excellent mais souffre des soucis techniques dont le studio japonais est coutumier.

En proposer un remake a du sens non seulement du point de vue technique — Bluepoint a fait un très bon travail sur Demon's Souls, autre jeu FromSoft — mais aussi commercial. Le carton planétaire d'Elden Ring a définitivement installé le genre du Souls like auprès du grand public. Sony estimait semble-t-il qu'il y avait de l'argent à se faire avec un tel projet, mais a finalement refusé d'aller de l'avant pour une raison simple : FromSoftware ne voulait pas en entendre parler.

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