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Nvidia pourrit les jeux avec DLSS 5, Crimson Desert divise

Les actus et sorties de la semaine du 22 mars
Nvidia pourrit les jeux avec DLSS 5, Crimson Desert divise

Nostick Reloaded ? C’est votre phare dans l'océan de l'actu JV : une infolettre livrée chaque dimanche vous résumant ce qui s'est passé ces derniers jours dans le petit monde du jeu vidéo. Et entre Nvidia qui pourrit les jeux avec son filtre d'IA générative, les retours mitigés sur Crimson Desert et l'affaire Subnautica, on n'a pas eu le temps de s'ennuyer.

On vide le backlog de la semaine

par Mickaël

Tout le monde déteste Nvidia et DLSS 5 pour plein de très bonnes raisons

Nvidia a probablement sous-estimé la haine viscérale que l'IA générative provoque chez les joueurs (chez bon nombre d'entre eux, en tout cas). Depuis la présentation de DLSS 5 en début de semaine, le Golgoth des GPU est la risée d'internet et en voyant les images, ça n'est pas complètement dénué de sens.

Grace en route vers un rendez-vous romantique.

Mais d'abord, de quoi parle-t-on ? DLSS 5 est la nouvelle génération de la technologie d'upscaling de Nvidia, qui sera disponible cet automne sur les RTX 50 (probablement les modèles les plus haut de gamme, 5080 et 5090). Le modèle IA de DLSS 5 exploite les vecteurs de couleur et de mouvement de chaque image d'un jeu pour « enrichir » la scène avec un un éclairage et des matériaux « photoréalistes ».

Voilà qui ressemble pas mal au fonctionnement d'une IA générative à la ChatGPT : vous lui demandez un truc et elle se débrouille pour générer le texte, l'image ou la vidéo désirés. Un contenu généralement fade et sans saveur, car cette technologie ne fait que régurgiter les données qui l'ont entraînées. Les détails techniques sont confus et il semble peu probable qu’il s’agisse d’une sorte de Midjourney en temps réel (ce qui serait incroyablement gourmand). Mais en l’état, tout laisse à croire que DLSS 5 retouche simplement l’image 2D crachée par le moteur.

Et les résultats produits par DLSS 5 sont à l'image des autres IA génératives. À partir d’informations partielles — une image 2D et des vecteurs de mouvement —, le modèle reconstruit une scène complète en « comprenant » des éléments comme les visages, les tissus ou l’éclairage. Comme l'a confirmé Jacob Freeman, évangéliste GeForce, DLSS 5 n’a pas accès aux données 3D réelles définies par les développeurs. Il comble donc les trous en y injectant ses propres choix esthétiques.

Ce qui donne une Grace Ashcroft qui ressemble à un top model avec pommettes saillantes, lèvres repulpées et maquillage — à l'instar des canons de beauté actuels. Leon Kennedy semble sortir d'un défilé Tom Ford (il n'a pourtant pas besoin d'être embelli !). Les héros de Hogwarts Legacy ressemblent à des adultes de 30 piges…

Au bout du compte, il s'agit d'un filtre de beauté IA, comme on en trouve dans Instagram ou TikTok. Jensen Huang, le patron de Nvidia, a pris les critiques en grippe en affirmant qu'elles avaient « complètement tort » avant de se noyer dans des explications techniques imbitables : « Ce n’est pas du post-traitement au niveau de l’image, c’est un contrôle génératif au niveau de la géométrie.» Gné ?

Le message n'a convaincu personne, bien au contraire. Au lieu de faire amende honorable en admettant y être allé un peu trop fort, le CEO s'est enfoncé dans une attitude passive-agressive de déni, jetant de l'huile sur le feu. Mais après tout, qu'attendre d'autre d'un patron qui vend les pelles et les pioches à toute l'industrie de l'IA générative ?

Nvidia se défend également en rappelant que les développeurs ont tout contrôle sur les outils du DLSS 5. C'est bien mignon, mais il y a tout à craindre que pour gagner du temps et de l'argent, les exécutifs des studios exigent d'appliquer 100 % du DLSS 5, ne laissant aux développeurs que le strict minimum au niveau du contrôle esthétique de leurs jeux.

Le risque, comme souvent avec ces modèles, est une uniformisation du rendu : visages lissés, matériaux trop parfaits, éclairage flatteur mais peu crédible. Le fait que Nvidia ait fait la bêtise de l'appliquer sur des jeux existants avec des personnages bien connus et aimés des joueurs n'a évidemment pas aidé à faire passer la pilule.

L'issue de secours ici, c'est que les joueurs qui ne veulent pas de ce filtre IA auront la possibilité de choisir une autre technique d'upscaling. Et puis DLSS 5 se limite aux GPU de Nvidia, et encore, aux cartes les plus chères : cela exclut pas mal de PC ainsi que les consoles de jeux qui tournent sur AMD.

A priori, AMD n'ira pas sur le même terrain que son concurrent direct : la deuxième génération du PSSR, l'upscale de la PS5 Pro, est bien plus digeste et discrète tout en apportant de réelles améliorations graphiques. La prochaine version du FSR, la technologie d'AMD, reposant sur les mêmes bases que le PSSR, on peut espérer que Nvidia se soit enfermé tout seul dans un coin.

Malgré ce faux départ, Nvidia a encore le temps de rattraper le coup. Il lui reste plusieurs mois pour peaufiner sa technologie, améliorer les outils donnés aux développeurs et vulgariser le fonctionnement auprès des joueurs inquiets. On peut aussi espérer que cette très mauvaise première impression l’incitera à revoir sa copie ou éventuellement à repousser la sortie. L’espoir fait vivre.

Sony donne un coup de neuf à la PS5 Pro

La PS5 Pro sert enfin à quelque chose. La console « pro » de Sony tourne autour d'une promesse : produire la meilleure fidélité graphique possible à une fréquence d'affichage de 60 FPS. Parmi les ingrédients indispensables, on trouve un GPU plus puissant, davantage de bande passante, des optimisations pour le CPU… et le PSSR, alias PlayStation Spectral Super Resolution. Malheureusement pour les joueurs, cette technologie d'upscaling n'a pas vraiment tenu le choc face à la réalité.

Pire encore, les résultats s'avéraient parfois plus agréables à regarder sur une PS5 de base… C'en était arrivé à un point où les studios proposaient un réglage pour désactiver purement et simplement le PSSR. Personne n'aime en effet les artefacts graphiques, une image instable, des incohérences entre les jeux…

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