La PS5 coûte 100 balles de plus, c'est la crise pour Fortnite
Nostick Reloaded ? C’est votre phare dans l'océan de l'actu JV : une infolettre livrée chaque dimanche vous résumant ce qui s'est passé ces derniers jours dans le petit monde du jeu vidéo. Et entre l'explosion du prix de la PS5, Sony qui ferme des studios ou la sortie d'un nouveau Life is Strange, on a pas eu le temps de s'ennuyer.
On vide le backlog de la semaine
par Mickaël
La PS5 devient officiellement une console de luxe
Il aura fallu que Sony y mette franchement du sien pour que Félix franchisse enfin le Rubicon : la hausse des prix de la PS5 annoncée ce vendredi — la deuxième en dix mois ! — l'a finalement poussé à craquer le PEL pour une console d'occase. Il y a fort à parier que les annonces du bon coin seront très actives dans les prochaines jours, avant la mise en place de la nouvelle grille tarifaire le 2 avril. Les prix des PS5 de seconde main devraient en effet augmenter par la même occasion…

Pour ceux qui préfèrent le neuf, bon courage dans les négociations avec le banquier. Car la PS5 devient tout simplement un produit de luxe : la PS5 Digital Edition (sans lecteur de disque) coûtera 599,99 €. C'est tout simplement 200 € de plus (!) que lors de son lancement en octobre 2023. 50 % plus cher, en somme…
La PS5 standard, fournie avec un lecteur de disque, sera facturée la bagatelle de 649,99 €, soit 100 € de plus que lors de la précédente hausse d'avril dernier, et en tout 150 € supplémentaires par rapport à la version sortie fin 2020.
La PS5 Pro prend cher également puisqu'elle sera vendue 899,99 €, soit 100 € de plus pour cette console qui coûtait déjà un bras à son lancement en septembre 2024. À ce niveau stratosphérique, mieux vaut lorgner sur le marché du PC — même avec la crise de la mémoire actuelle, un PC sera bien plus polyvalent qu'une PS5, et puis les soldes Steam permettent de faire pas mal d'économies sur les jeux.
À noter que le vaillant petit Portal est lui aussi plus onéreux, à 249,99 € (+30 €).
Sony justifie cette valse des étiquettes par la conjoncture du moment qui, il est vrai, n'est guère favorable. « Nous savons que les changements de prix ont un impact sur notre communauté, et après une évaluation approfondie, nous avons estimé qu’il s’agissait d’une étape nécessaire pour continuer à proposer des expériences de jeu innovantes et de haute qualité aux joueurs du monde entier », explique PlayStation.
Les joueurs seront-ils vraiment sensibles à cet argument des « expériences de jeu innovantes et de haute qualité », quand le calendrier de sortie des jeux signés des studios PlayStation est si maigrelet ? Je veux dire, à part les jeux service (qui sont aussi dispos sur PC…).
On ne nous enlèvera pas de la tête qu'il y a aussi beaucoup d'opportunisme de la part de Sony : après tout, la PS5 sera la console de choix pour jouer à GTA VI en fin d'année, vu que Rockstar traine toujours la patte sur la version PC. Et personne sain de corps et d'esprit n'ira acheter une Xbox, dont les prix sont désormais équivalents à ceux de la PS5.
C'est également un très mauvais signal envoyé à Nintendo. Tout indique que le constructeur relèvera les prix de la Switch 2 plus tôt que tard… Au bout du compte, la question de la pérennité du marché des consoles se pose très sérieusement. Les consoles ont toujours été conçues comme une porte d'entrée abordable vers le jeu vidéo ; mieux encore, il a toujours été possible d'acheter une console neuve à prix cassé quelques années après son lancement.
Confronté à de tels tarifs ahurissants, les jeunes générations de joueurs sans le sou risquent bien de préférer le bon vieux PC aux consoles, et il sera difficile de leur donner tort.
Rien ne va plus, c'est la crise même pour Fortnite
Si même Epic Games doit virer des gens, personne n'est à l'abri. Le créateur de Fortnite a annoncé cette semaine une lourde charrette de licenciements : 1 000 employés vont perdre leur emploi, et l'entreprise va engager un plan d'économies de l'ordre de 500 millions de dollars. En cause : la « magie » de Fortnite ne fait plus effet, déplore Tim Sweeney le patron de la boîte.
Depuis l'an dernier, l'engagement des joueurs pour ce qui est devenu une plateforme de jeux est en recul. « Bien que Fortnite soit l'un des jeux les plus populaires au monde, nous avons eu des difficultés à proposer aux joueurs cette "magie" de manière constante à chaque saison », écrit Sweeney. La saison 1 du chapitre 7 a concentré une bonne partie des critiques récemment : trop longue, trop peu de contenus véritablement nouveau, trop de collabs qui se limitent à des skins hors de prix.

Il est difficile de se renouveler, même pour un jeu aussi flexible que Fortnite qui peut s'adapter à à peu près toutes les formes de gameplay. Mais cela reste possible : le « nouveau » Overwatch, qui a revu en profondeur ses mécanismes, l'a encore démontré récemment. Le boss d'Epic ne promet pas autre chose : « Ce que nous devons faire maintenant est clair : créer des expériences Fortnite ambitieuses avec des contenus saisonniers inédits — gameplay, narration et événements en direct ».