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Cairn au sommet, l'étrange censure de Dispatch sur Switch

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Cairn au sommet, l'étrange censure de Dispatch sur Switch

Nostick Reloaded ? C’est votre phare dans l'océan de l'actu JV : une infolettre livrée chaque dimanche vous résumant ce qui s'est passé ces derniers jours dans le petit monde du jeu vidéo. Et entre l'ascension de Cairn, le mauvais Genie de Google et Nintendo qui n'aime pas les b*tes, on ne s'est pas franchement tourné les pouces.

On vide le backlog de la semaine

par Mickaël

Le mauvais Genie de Google

Mettre un terme à la faim dans le monde. Guérir tous les cancers. Remettre la planète d'aplomb. En finir une bonne fois pour toute avec le fascisme. Tous ces petits soucis qui plombent l'humanité pourraient (sûrement) être résolus avec une bonne rasade d'intelligence artificielle générative. Mais à la place, Google a préféré développer un générateur de clones de jeux Nintendo en 3D. Chacun son truc après tout.

Le projet Genie, qui s'appuie sur le modèle IA Genie 3 dévoilé l'été dernier, permet désormais aux abonnés américains à la formule Google AI Ultra de « créer » des « jeux » en monde ouvert en vue à la première ou à la troisième personne, simplement en le décrivant succinctement. C'est un peu comme ChatGPT quand on veut générer une image moche, mais pour les jeux.

Alors évidemment, techniquement Genie n'est pas encore au niveau. Ça rame à 24 FPS, il y a de la latence, la vidéo est en 720p, il n'y a pas de NPC ou de péripéties, et surtout le « jeu » ne dure que 60 secondes. Mais il est quand même possible de se déplacer et de bouger la caméra avec les touches du clavier. L'environnement est généré est temps réel, ce qui vaut bien les deux hectares de forêt amazonienne cramés à chaque prompt.

Mais voilà, le modèle Genie 3 a manifestement été nourri par des vidéos de gameplay de jeux Nintendo, car il est très doué pour produire des clones de Zelda, de Mario ou de Metroid Prime, comme Jay Peters a pu le constater pour The Verge.

Google’s new world AI model tool let me generate a bunch of Nintendo-inspired games. Including one featuring Link with a paraglider! Gift link: www.theverge.com/news/869726/...

Jay Peters (@jaypeters.net) 2026-01-29T17:38:00.292Z

Depuis le lancement de son projet de chie, Google a commencé à serrer la vis car évidemment, Nintendo ne doit pas voir tout cela d'un très bon œil, tout comme FromSoftware ou CD Projekt (pas mal de clones de Souls like et The Witcher ont été générés). Mais bon, les techbros de l'IA ont tué le respect depuis longtemps.

À quoi ce truc va-t-il servir ? À part faire plonger le cours de Bourse des principaux éditeurs de jeux, ce qui n'a pas manqué d'arriver ? Même Google ne sait pas trop quoi en faire, en évoquant vaguement la visualisation de scènes façon storyboards animés pour le cinéma, ou pour des projets éducatifs. Mais pas pour des clones de Breath of the Wild, même si au bout du compte c'est la première chose (et la seule) qui vient en tête.

Une majorité de développeurs pensent désormais que l'IA générative a un impact négatif sur l'industrie du jeu vidéo, selon l'enquête annuelle de la GDC qui se tiendra en mars à San Francisco. 52 % plus précisément, soit 22 points de plus (!) qu'en 2025. À l'opposé, ils ne sont que 7 % à penser l'inverse, un chiffre en recul de 6 points. Les artistes, designers, scénaristes et programmeurs sont les plus négatifs sur l'IA générative, comme on peut s'en douter.

Nintendo ne veut pas voir une bite qui dépasse dans Dispatch

Si vous voulez du cul sur votre Switch, pas la peine d'aller chercher très loin : l'eShop regorge de « jeux » basés sur des images de waifus très peu vêtues générées par IA. Cette production rance, à la limite de l'escroquerie, ne pose aucun problème à Nintendo. En revanche, pour Dispatch, il faut se coltiner des barres noires.

Sorti cette semaine sur Switch 1 et 2, le jeu du studio AdHoc est en effet caviardé de bandeaux qui couvrent nichons, bites et doigts d'honneur — le titre, très adulte dans sa narration, n'en manque pas et ça n'a posé problème à personne sur les autres plateformes. Et quand bien même, il y a une option dans les réglages pour masquer l'anatomie incorrecte… mais pas sur Switch, où c'est caché d'office et sans bouton pour désactiver la censure. Et les joueurs qui ont préco ou acheté le titre à la sortie n'ont pas été prévenus.

Oh une bite
Oh une barre noire

Gêné aux entournures, AdHoc est parti seul au front pour expliquer l'affaire : «Les différentes plateformes ont chacune leurs propres critères de contenu », indiquait le studio à NintendoLife, « et les soumissions sont évaluées au cas par cas. Pour notre sortie sur Switch, nous avons travaillé avec Nintendo afin d’adapter certains éléments, pour que Dispatch puisse être proposé sur leur plateforme. »

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