Amazon débranche New World, Hytale s'allume enfin
Nostick Reloaded ? C’est votre phare dans l'océan de l'actu JV : une infolettre livrée chaque dimanche vous résumant ce qui s'est passé ces derniers jours dans le petit monde du jeu vidéo. Et entre un clou supplémentaire dans le cercueil de la VR, du neuf sur le prochain Resident Evil et la grosse mise à jour d’Animal Crossing : New Horizon, on n'a pas eu le temps de s'ennuyer !
On vide le backlog de la semaine
par Mickaël
Le jeu VR devient de plus en plus virtuel
Mark Zuckerberg désespère de ne pas passer pour un innovateur. Plutôt que de trouver des idées originales, il pioche dans ses poches très profondes pour s'acheter une crédibilité et une réputation auprès de ses camarades de la Silicon Valley, mais invariablement la sauce se transforme en caca. En 2021, le fondateur de Facebook — possiblement une des seules choses qu'il a réellement créée de toutes pièces — en était persuadé : la réalité virtuelle allait changer le monde. À tel point qu'il orchestre le changement de nom de son entreprise, qui devient Meta pour « métavers ».

Après avoir englouti 70 milliards de dollars dans cette aventure, il s'est finalement rendu à l'évidence : le rêve du métavers n'est qu'un mirage. « Je ne dirais pas que c'est un échec : ça n'a pas marché », avait affirmé un grand philosophe. Les casques Quest ont connu un certain succès, il y a aussi quelques idées intéressantes dans l'ersatz de métavers développé en interne (Horizon Worlds), et il existe un vrai écosystème logiciel autour de la VR avec un noyau dur d'utilisateurs. Mais c'est bien insuffisant quand on s'appelle Meta et qu'on attend un retour sur investissement à la hauteur des sommes vertigineuses englouties.
Malheureusement pour le métavers, la nouvelle marotte de Mark Zuckerberg s'appelle l'intelligence artificielle générative. Et depuis plusieurs mois maintenant, il est clair que le boss cherche à glisser la VR sous le tapis. À tel point que Meta a annoncé cette semaine une nouvelle charrette de licenciements touchant les effectifs de la division Reality Labs, chargée de développer les produits et les « expériences » de réalité virtuelle. Plus de 1 000 postes vont être supprimés.
Si la perspective d'une nouvelle génération de casques Quest s'éloigne, cette coupe claire force aussi la fermeture de trois studios de jeux : Armature, Sanzaru et Twisted Pixel. Le premier avait été acheté par Meta en 2022 ; on lui doit le portage de Resident Evil 4 pour le Quest, et auparavant d'un grand nombre de portages pour la PS Vita et PlayStation.
Sanzaru Games, fondé en 2006, s'est spécialisé lui aussi dans les portages avant de lancer son hit VR Asgard’s Wrath en 2019. Meta décide alors d'acquérir le studio pour qu'il puisse plancher sur la suite du jeu. Asgard’s Wrath 2 est probablement sur le podium de ce qui se fait de mieux en matière de jeu VR. Enfin, Twisted Pixel Games, là aussi créé en 2006, a lancé plusieurs jeux pour Xbox bien connus comme ‘Splosion Man et The Maw. Il a été acheté en 2021 par Meta, avec comme principal fait d'armes Deadpool VR sorti l'an dernier.
Camouflaj, l'autre pépite de Meta, numérote ses abattis. Le studio à l'origine de l'incroyable Batman: Arkham Shadow de 2024 est toujours debout, mais dans quel état : il ne compte plus qu'une poignée d'employés qui travaillent sur la nouvelle « expérience utilisateur » d'un matos encore à venir. Tous les projets de jeux en développement ont été annulés. La suite du Batman que devait réaliser Sanzaru est évidemment tombé à l'eau.
Est-ce la fin du jeu VR ? Probablement pas, ou encore pas tout de suite : la technologie compte toujours pas mal d'enthousiastes qui sont prêts à acheter des nouveautés à bon prix, et puis Valve a présenté l'an dernier son nouveau casque Steam Frame. Mais le géant des réseaux sociaux, qui a soutenu le secteur à bout de bras pendant des années, a clairement d'autres priorités.
Le métavers va poursuivre sa route, mais Meta veut désormais le faire pivoter vers les smartphones. Les budgets prévus pour Reality Labs vont être redirigés vers le développement des lunettes connectées, les fameuses Ray-Ban qui elles, connaissent un gros succès. Elles sont aussi un moyen pour Meta de vendre son IA, ce qui est beaucoup moins évident avec les casques VR. Et ce sera comme ça jusqu'à ce que Zuckerberg se trouve une nouvelle marotte.
La petite cuisine mentale des prix du jeu vidéo
Le saviez-vous ? 5 euros, c'est 5 euros. Mais dans l'esprit d'un joueur, 6 euros, c'est aussi 5 euros. 4 euros aussi. 3 euros, c'est comme 2 euros. Et 2 euros alors ? C'est comme si c'était gratuit. Ce calcul mental a été l'intéressante réflexion de Nick Kaman, le co-créateur de Peak au moment de décider du prix du jeu.

« Nous avons donc ces paliers de prix : 12 dollars… ça reste 10 dollars », explique-t-il à Game File. « Mais 13 dollars, ça devient 15 dollars. En revanche, 8 dollars, c’est toujours 5 dollars, ça ne bascule pas à 10 $. 7,99 $, c’est 5 dollars, d’accord ? ». Heu, ok. Du coup, « passer de 8 à 5 dollars, c’est l’écart de prix le plus important que nous ayons trouvé », poursuit-il. C'est le positionnement tarifaire le plus optimal : quand un joueur achète Peak à 8 $ (le prix habituel du jeu), il a donc le sentiment de dépenser « seulement » 5 $.